Lundi 7 mai 2007

Les électeurs ont fait leur choix ; je le respecte.

L’élection de Nicolas Sarkozy n’est pourtant pas une bonne nouvelle, pour les jeunes des banlieues, assignés à résidence dans leurs quartiers, pour les précaires, sommés de « travailler plus » et de façon générale pour les plus modestes, pointés comme les "maillons faibles"d’une compétition sans merci.

Ce n’est pas non plus une bonne nouvelle pour la planète. Le programme de Nicolas Sarkozy, inspiré de la révolution néo-conservatrice à l’américaine, ne se contente pas de faire l’impasse sur le défi écologique. Il nous fait courir le risque de nouveaux retards, de nouveaux dégâts. Pétroliers et marchands d’armes, firmes semencières et majors de l’eau, industries pharmaceutiques et bétonneurs...Tous ont soutenu Nicolas Sarkozy ; tous exigeront les dividendes de leur mise, le droit de déréguler, précariser et polluer, sans entraves !

Nos enfants vivront au milieu du siècle les effets concrets de la crise écologique : le changement climatique, l’épuisement des ressources, l’extinction de bien des espèces vivantes, la fracture nord-sud... Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre cinq années, pour imaginer ce que seront nos vies demain, pour inventer les solutions qui nous permettront de construire une société plus fraternelle et plus responsable, pour sortir de la société de tous les gaspillages. Et ce n’est pas en revenant à la France d’avant 68 que l’on pourra préparer l’avenir.

J’invite les écologistes à ne pas baisser les bras, à l’image des élus Verts, qui se battent dans les villes et les régions, pour des choix qui préparent l’avenir des générations futures.

Les 10 et 17 juin, j’appelle les citoyens à élire les députés Verts sans lesquels l’Assemblée nationale continuera à faire les lois comme si demain devait ressembler à hier.

Le temps viendra vite, où il appartiendra aux Verts comme à tous les démocrates qui refusent la main-mise d’un seul parti sur la vie politique en France, de tirer les conséquences de l’échec d’aujourd’hui, en termes d’organisation comme en terme de projet. Loin des clivages artificiels entre une gauche de gouvernement, prompte à se renier quand elle accède au pouvoir, et une gauche radicale, qui refuse soigneusement de se mettre en situation de l’exercer, il nous faudra résister, avec le souci de protéger les plus modestes, qui seront les premières victimes des mesures prises par le nouveau gouvernement ; il nous faudra restaurer les fils du dialogue avec les citoyens, rompus de longue date et jamais véritablement renoués ; il nous faudra renouveler notre réflexion en profondeur.

Une seule certitude : Il n’y aura pas de raccourci : pour gagner demain, la gauche - et les écologistes - devront savoir tirer les leçons de leur échec.

par Alain GOUZON publié dans : Actualités politiques
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Lundi 7 mai 2007
Touchant et juste....
Chère Ségolène

Parmi cette foule immense que vous avez su lever, cette foule vive, colorée, généreuse, à l'image de la France que j'aime, il y a moi.

Avant vous je m'étais toujours sentie concernée, j'avais toujours été attachée aux valeurs de gauche que vous défendez avec tant de force et de justesse. Mais pour la première fois, j'ai été touchée au point de me jeter dans la bataille.

Cela, c'est parce que vous êtes une femme. Pas l'image d'une femme mais une femme entière, une femme qui porte en elle tout ce que nous sommes et qui parle en notre nom.

En moi et en beaucoup d'autres, vous avez fait grandir une flamme jusqu'alors un peu dormante.

Cette ferveur qui ne s'éteindra plus, je vous la dois.

La France aujourd'hui majoritaire, celle qui réagit à l'inquiétude par les démonstrations de force et le repli, n'était pas prête pour vous.

Je me battrai avec mes moyens de femme, d'écrivaine, de citoyenne jusqu'à ce qu'elle le soit.

 Carole Zalberg, signataire avec 35 autres écrivaines de l'appel de Pierrette Fleutiaux Pour la première fois, une femme, paru dans Le Monde du 4 mai.

par Alain GOUZON publié dans : Actualités politiques
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Samedi 5 mai 2007

Derniers pas pour la gauche, présent  avec d'autres copines/copains Verts à l'apéro citoyen organisé par le PS du 20ème, j'ai encore envie de croire en la victoire de Ségolène Royal et continuer à convaincre de l'utilité de voter pour cette France Présidente ! Belle atmosphère, le soleil faisait son retour... un signe ?

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Apéro citoyen place Gambette

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Denis Baupin (oui le bout de sa tête)                                Présence populaire de Thomas, fils de Ségolène et François

par Alain GOUZON publié dans : Actualités politiques
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Samedi 5 mai 2007

Formidable... Pour ceux qui hésitent encore... Pour ceux qui pensent encore que Nicolas Sarkozy est le meilleur des candidats ! En tout cas je ne veux pas de la société qu'il propose... Société où il a déjà mobilisé les policiers dimanche soir pour éviter tous débordements dans les banlieues... La confiance règne... Quel symbole de son accès au pouvoir !

Chers amis, chers camarades, merci d’être venus ici.
Je suis heureux moi aussi d’être à Lille, où j’ai mes attaches familiales les plus proches, mais je suis aussi heureux d’être dans le Nord, car le Nord, pour moi, c’est un grand moment du mouvement social.

Merci à ceux d’entre vous qui, il y a quarante ans, vingt ans ou maintenant, passent leurs loisirs dans les mouvements de jeunesse pour bâtir une société meilleure. Merci à ceux qui s’engagent dans les organisations syndicales, et ce n’est pas facile, dans toutes les organisations syndicales, sans exception.
Merci à vous qui êtes dans des associations pour vous occuper des handicapés, des personnes âgées, ou bien pour essayer de veiller à la nature, avec les Verts.
Merci à vous tous, et je sens aujourd’hui une atmosphère qui est la même que celle qu’il y avait l’autre jour à Charlety, un parfum de fraternité, et vous nous apportez un parfum de victoire.

Oui, le mouvement social, avec les héritiers de Marx, de Trotski, de Marc Sangnier, de tout le monde, oui, c’est à ce mouvement social que s’adresse Ségolène. L’ouverture politique n’est pas une ouverture politicienne, elle s’adresse à vous parce qu’elle veut une démocratie participative, elle s’adresse à vous pour que vous puissiez bâtir avec elle de vraies concertations, de vrais dialogues, de vraies négociations. L’ouverture de Ségolène, c’est à vous tous, qui agissez dans le mouvement social, quelle que soit votre position professionnelle, c’est à vous qu’elle s’adresse, ce ne sont pas des combinaisons d’appareils, elle veut grâce à ça avoir une démocratie apaisée, oui, réconcilier les Français avec une démocratie apaisée.

Mais elle veut aussi réconcilier l’économie et l’urgence. On nous dit, et ce n’est pas faux : on ne peut répartir que ce que l’on a produit. Oui, il y a les chômeurs, il y a les travailleurs pauvres. Dites à un travailleur pauvre, dites-lui la formule de Sarkozy : travailler plus pour gagner plus, il aimerait bien, lui, le travailleur pauvre ! Il aimerait bien parce qu’il travaille six mois dans l’année, il travaille deux jours dans la semaine. C’est à eux que pense Ségolène Royal.

Elle pense aussi aux petits retraités. 600 euros par mois pour une personne seule, 900 euros pour un ménage. Songez à ceux qui doivent se bouger : 200 euros de coûts pour une voiture.

Elle pense aussi aux familles monoparentales, celles qui ont du mal à concilier une vie de travail difficile, parfois un travail à temps partiel avec les enfants et le reste. Faut-il pour tous ces gens-là attendre que l’économie aille bien ? Non. Si on veut que l’économie aille bien, on ne peut le faire que sur la justice sociale, sur l’ordre juste de Ségolène. L’ordre juste est une condition de l’économie.

Ségolène veut aussi, elle en a parlé dans sa magnifique prestation télévisée, elle veut aussi réconcilier les Français et la France avec l’Europe, les Français du non comme les Français du oui.

Merci à vous qui ferez un effort pour permettre à la France d’être comme elle le fait souvent, avec des socialistes, au premier rang de l’inspiration de l’Europe. Pour cela, il n’y a pas de mini traité, il n’y a pas de maxi traité, comme le dit le candidat de la droite, les Français n’ont pas voulu de la Constitution, moi, j’avais voté oui, je prends acte, il faudra à nouveau consulter les Français. Seuls les Français peuvent refaire ce qu’ils ont défait. C’est ça la démocratie.
Vous savez, si l’on obtient un meilleur traité avec ce protocole social inspiré de ce que nous avons fait avec les socialistes européens, alors nous obtiendrons une majorité, et la France sera plus forte pour s’adresser à ses partenaires. Le référendum, c’est une condition de la démocratie et de la vigueur de la France.

Au fond, réconcilier la France avec le mouvement social, réconcilier l’économique et l’urgent, elle vous en a parlé, réconcilier avec l’Europe, tout ça parce que le vrai choix est un choix de société.
Dites-moi, sans me répondre pour ne pas faire de bruit, qu’est-ce que c’est que cette société dans laquelle, chaque fois maintenant qu’on on parle d’un chômeur, on met derrière un paresseux ? Acceptez-vous cette société ? Qu’est-ce que c’est que cette société dans laquelle quelqu’un qui paie ses impôts est comme un cocu et que l’on honore des gens qui vont s’établir en Suisse dans les meetings de la droite ? Qu’est-ce que c’est que cette société où, dès qu’un immigré arrive, il est dans la tête des gens synonyme d’insécurité ?
Bien sûr, la France, cette société-là, c’est une société dure, qui est dure avec les faibles et molle avec les forts. C’est une société qui n’accepte pas l’égalité des chances.

Par exemple, ne croyez-vous pas que, lorsqu’on vous parle d’égalité des chances, vous les parents, vous avez envie de sortir votre revolver ? Qu’est-ce que c’est que cette société dans laquelle on refuse que chaque enfant ait un trésor au fond de lui ? C’est le devoir de la société et du système éducatif de faire sortir ce trésor, de donner à chacun cette capacité.
Il y avait un romancier suisse qui disait : la nature est à droite, l’homme est à gauche. Cela veut dire que, pour chaque être, sans exception, il est possible que la société lui offre les capacités de vivre dignement. C’est un idéal difficile à réaliser, mais Ségolène s’est engagée courageusement, en dépit des moqueries de certains, sur cette voie. Donner à chacun la possibilité de se réaliser, c’est cela la société fraternelle.

Nous ne voulons pas d’une société dure, nous ne voulons pas d’une renaissance de je ne sais quel bonapartisme donneur de leçons, non, nous voulons une société du respect de chacun là où il est, du respect de ses idées et une société de la fraternité.
L’hyper individualisme poussé par le capitalisme, poussé par la société de consommation, ou repli sur vous-mêmes, ouvrez-vous aux autres, comme elle l’a dit l’autre jour, essayons de nous parler, et ensemble de faire une société du dialogue, de l’accord, de la négociation, et à partir de là, ce sera du solide pour avoir un ordre vraiment juste !

par Alain GOUZON publié dans : Actualités politiques
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Samedi 5 mai 2007
 

Allez-vous vraiment faire ça ?

Alors, vous allez vraiment faire ça ?
Vous les plus purs que d’autres, les plus intelligents que d’autres, vous les plus subtils, vous les cohérents, vous les fins stratèges, vous allez faire ça ? Vous, les à qui on ne la fait plus, les durs du cuir, vous allez vraiment, en ne votant pas pour elle, voter pour lui?
Vous allez vraiment faire ça ? Vous allez le faire ?
Vous, les vrais de vrais de la gauche vraie, vous allez faire ça ? Pour cinq ans ! Pour cinq ans, peut-être dix, vous allez faire ça ?
Vous, les toujours déçus de tout, vous les amers, les indécis décidés, les lave plus blancs que blanc vous allez faire ça ?
Mais pourquoi ? Parce que quoi ? Parce que jupe ? Parce que  talons hauts? Parce que voix ? Parce que sourire, cheveux, boucles d’oreilles? Parce que vraie ?
Il n’y a rien qui vous aille dans son programme à elle, rien ? Pas cinquante propositions sur les cent ? Pas vingt ?  Pas dix ? Pas une ? Vraiment, rien du tout ?
Trop de quoi ? Pas assez de quoi?
Pas assez à gauche ? On voudrait, quitte à tout perdre, une campagne à gauche toute ?
Mais même l’extrême gauche, cette fois-ci, au deuxième tour ne joue plus à ce jeu-là. Peu importe, vous, vous allez y jouer ?
Le résultat du 21 avril 2002 ne suffit pas ? Non. On le refait en 2007, mais en mieux. Pas au premier tour, non, carrément au deuxième. C’est plus chic.

Que ceux qui ressemblent à Nicolas Sarkozy, ou qui croient qu’il leur ressemble, que ceux-là votent pour lui, quoi de plus normal. Que ceux qui lui font sincèrement confiance pour améliorer leurs dures vies, que ceux-là l’acclament et votent pour lui, quoi de plus normal. C’est même estimable.
Que les grands patrons votent Nicolas Sarkozy, pas tous d’ailleurs, loin s’en faut, non, mais par exemple les grands patrons de presse, qu’on a vu si nombreux, si heureux, à Bercy dimanche, qu’ils votent pour leur copain, qui va vraiment améliorer leurs belles vies, c’est moins estimable, mais quoi de plus normal?

Mais vous, une respiration possible, un air nouveau, un espace de travail politique, une chance espiègle, ça ne vous dit rien ? Vraiment rien? Mais qu’est-ce qui vous fait si peur ?
Les Italiens ont enfin chassé Berlusconi, les Espagnols, après une grande douleur révélatrice, se sont débarrassés  d’Aznar, et voilà que nous, à quelques milliers de voix près, nous allons repasser le plat de la droite dure ? 

Il y a un pari à prendre contre une certitude sombre, et vous ne pariez pas ?
Quels désirs obscurs allez-vous satisfaire ? De qui donc, de quoi êtes-vous secrètement solidaires. Ce ne peut-être que du bien de ceux qui ont besoin, vitalement, de mieux être. Vitalement. Maintenant.
Supporterez-vous dimanche soir d’apprendre  qu’il a manqué une voix ? Une seule. La vôtre.
Je vous en supplie.
par Alain GOUZON publié dans : Actualités politiques
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