Formidable... Pour ceux qui hésitent encore... Pour ceux qui pensent encore que Nicolas Sarkozy est le meilleur des candidats ! En tout cas je ne veux pas de la société qu'il propose...
Société où il a déjà mobilisé les policiers dimanche soir pour éviter tous débordements dans les banlieues... La confiance règne... Quel symbole de son accès au pouvoir !
Chers amis, chers camarades, merci d’être venus ici.
Je suis heureux moi aussi d’être à Lille, où j’ai mes attaches familiales les plus proches, mais je suis aussi heureux d’être dans le Nord, car le Nord, pour moi, c’est un grand moment du
mouvement social.
Merci à ceux d’entre vous qui, il y a quarante ans, vingt ans ou maintenant, passent leurs loisirs dans les mouvements de jeunesse pour bâtir une société meilleure. Merci à ceux qui s’engagent
dans les organisations syndicales, et ce n’est pas facile, dans toutes les organisations syndicales, sans exception.
Merci à vous qui êtes dans des associations pour vous occuper des handicapés, des personnes âgées, ou bien pour essayer de veiller à la nature, avec les Verts.
Merci à vous tous, et je sens aujourd’hui une atmosphère qui est la même que celle qu’il y avait l’autre jour à Charlety, un parfum de fraternité, et vous nous apportez un parfum de victoire.
Oui, le mouvement social, avec les héritiers de Marx, de Trotski, de Marc Sangnier, de tout le monde, oui, c’est à ce mouvement social que s’adresse Ségolène. L’ouverture politique n’est pas une
ouverture politicienne, elle s’adresse à vous parce qu’elle veut une démocratie participative, elle s’adresse à vous pour que vous puissiez bâtir avec elle de vraies concertations, de vrais
dialogues, de vraies négociations. L’ouverture de Ségolène, c’est à vous tous, qui agissez dans le mouvement social, quelle que soit votre position professionnelle, c’est à vous qu’elle
s’adresse, ce ne sont pas des combinaisons d’appareils, elle veut grâce à ça avoir une démocratie apaisée, oui, réconcilier les Français avec une démocratie apaisée.
Mais elle veut aussi réconcilier l’économie et l’urgence. On nous dit, et ce n’est pas faux : on ne peut répartir que ce que l’on a produit. Oui, il y a les chômeurs, il y a les travailleurs
pauvres. Dites à un travailleur pauvre, dites-lui la formule de Sarkozy : travailler plus pour gagner plus, il aimerait bien, lui, le travailleur pauvre ! Il aimerait bien parce qu’il travaille
six mois dans l’année, il travaille deux jours dans la semaine. C’est à eux que pense Ségolène Royal.
Elle pense aussi aux petits retraités. 600 euros par mois pour une personne seule, 900 euros pour un ménage. Songez à ceux qui doivent se bouger : 200 euros de coûts pour une voiture.
Elle pense aussi aux familles monoparentales, celles qui ont du mal à concilier une vie de travail difficile, parfois un travail à temps partiel avec les enfants et le reste. Faut-il pour tous
ces gens-là attendre que l’économie aille bien ? Non. Si on veut que l’économie aille bien, on ne peut le faire que sur la justice sociale, sur l’ordre juste de Ségolène. L’ordre juste est une
condition de l’économie.
Ségolène veut aussi, elle en a parlé dans sa magnifique prestation télévisée, elle veut aussi réconcilier les Français et la France avec l’Europe, les Français du non comme les Français du oui.
Merci à vous qui ferez un effort pour permettre à la France d’être comme elle le fait souvent, avec des socialistes, au premier rang de l’inspiration de l’Europe. Pour cela, il n’y a pas de mini
traité, il n’y a pas de maxi traité, comme le dit le candidat de la droite, les Français n’ont pas voulu de la Constitution, moi, j’avais voté oui, je prends acte, il faudra à nouveau consulter
les Français. Seuls les Français peuvent refaire ce qu’ils ont défait. C’est ça la démocratie.
Vous savez, si l’on obtient un meilleur traité avec ce protocole social inspiré de ce que nous avons fait avec les socialistes européens, alors nous obtiendrons une majorité, et la France sera
plus forte pour s’adresser à ses partenaires. Le référendum, c’est une condition de la démocratie et de la vigueur de la France.
Au fond, réconcilier la France avec le mouvement social, réconcilier l’économique et l’urgent, elle vous en a parlé, réconcilier avec l’Europe, tout ça parce que le vrai choix est un choix de
société.
Dites-moi, sans me répondre pour ne pas faire de bruit, qu’est-ce que c’est que cette société dans laquelle, chaque fois maintenant qu’on on parle d’un chômeur, on met derrière un paresseux ?
Acceptez-vous cette société ? Qu’est-ce que c’est que cette société dans laquelle quelqu’un qui paie ses impôts est comme un cocu et que l’on honore des gens qui vont s’établir en Suisse dans les
meetings de la droite ? Qu’est-ce que c’est que cette société où, dès qu’un immigré arrive, il est dans la tête des gens synonyme d’insécurité ?
Bien sûr, la France, cette société-là, c’est une société dure, qui est dure avec les faibles et molle avec les forts. C’est une société qui n’accepte pas l’égalité des chances.
Par exemple, ne croyez-vous pas que, lorsqu’on vous parle d’égalité des chances, vous les parents, vous avez envie de sortir votre revolver ? Qu’est-ce que c’est que cette société dans laquelle
on refuse que chaque enfant ait un trésor au fond de lui ? C’est le devoir de la société et du système éducatif de faire sortir ce trésor, de donner à chacun cette capacité.
Il y avait un romancier suisse qui disait : la nature est à droite, l’homme est à gauche. Cela veut dire que, pour chaque être, sans exception, il est possible que la société lui offre les
capacités de vivre dignement. C’est un idéal difficile à réaliser, mais Ségolène s’est engagée courageusement, en dépit des moqueries de certains, sur cette voie. Donner à chacun la possibilité
de se réaliser, c’est cela la société fraternelle.
Nous ne voulons pas d’une société dure, nous ne voulons pas d’une renaissance de je ne sais quel bonapartisme donneur de leçons, non, nous voulons une société du respect de chacun là où il est,
du respect de ses idées et une société de la fraternité.
L’hyper individualisme poussé par le capitalisme, poussé par la société de consommation, ou repli sur vous-mêmes, ouvrez-vous aux autres, comme elle l’a dit l’autre jour, essayons de nous parler,
et ensemble de faire une société du dialogue, de l’accord, de la négociation, et à partir de là, ce sera du solide pour avoir un ordre vraiment juste !
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