Dans la dernière livraison du bulletin municipal, le Maire d'Excideuil revient donc sur ce petit "séisme médiatique" provoqué par la mise en place d'un passeport cantine, fonctionnant sur le mode d'un permis à point (outil pour mieux contrôler le comportement des enfants dans l'enceinte du restaurant scolaire). Adopté par une majorité de présents lors d'une réunion de présentation aux parents, ce document est devenu aussi un objet de polémique.
A vrai dire, n'ayant pas participé à cette réflexion, je viens émettre ici un simple avis. Je trouve donc curieux la mise en place d'une telle mesure, même symbolique,
autour des incivilités que l'on nous dit grandissantes. Un tel document (qui devient ensuite un objet de sanction avec exclusion à la clé) a-t-il toute sa place dans un lieu
d'éducation ? Ne doit-on pas privilégier la parole, l'échange en cas de crise, plutôt que de tenir une comptabilité des "points de comportement" pour les enfants ? Sans être
crédule, je crois que ces lieux symboliques de la République doivent être encore des lieux où l'on privilégie des espaces de liberté les plus complets, dans le
respect d'un règlement intérieur, où la parole reste l'élément privilégié. Et les autorités publiques doivent mettre tout en oeuvre pour accompagner un tel mouvement.
Puis, de façon très symoblique, en ces temps de chasse aux sans-papiers, de tests ADN..., le mot passeport est-il le plus approprié dans cette
sphère républicaine et laïque ? Je crois en la vertu de règlement intérieur avec toutes les explications nécessaires... Et je crois aussi en la mise en oeuvre de véritables
projets d'avenir fédérants les énergies et qui seront peut-être les solutions pour régler les crises. Faisons, par exemple, de la cantine, un espace "culturel" : travailler sur le
goût, sur le développement d'une restauration bio, sur les passerelles entre le goût et la culture, la cuisine à travers l'histoire... Conduisons ces lieux vers d'autres chemins qui
ne soient pas l'illustration de notre société qui réprimande de plus en plus et qui ne dégage pas de projet de société pour demain.
Ni utopique, ni inconscient (car je vois bien les critiques tomber face à de telles considérations), je préconise juste une conception différentes de l'approche d'un tel problème où
dialogue et projets reprennent toute leur place.
ajouter un commentaire commentaires (1) créer un trackback recommander



Commentaires